Portrait

Créer et s’inspirer du travail de Francesca Woodman

pour requestionner notre image et notre identité. Emprunter

son iconographie, son esthétique, utiliser son

langage.

Francesca Woodman cherche à créer des images énigmatiques,

mystiques où l’espace photographique questionne

par la mise en scène, le jeu des ombres et lumières

ainsi que le corps féminin dans l’espace. Elle utilise son

propre corps ou des modèles créant ainsi un jeu d’identité

sur la photo. D’une manière littérale, les visages sont

troubles, l’éclairage est sombre, des parties du corps sont

coupées par le cadrage… mais aussi métaphoriquement :

à quel point Francesca Woodman se trouve-t-elle sur ses

photos ? Est-elle plus présente par substitution? N’estelle

pas simplement un corps féminin ?

L’appropriation de ce questionnement par deux artistes/

modèles, rend la problématique sur l’identité sexuelle

d’autant plus collective et sociale. Elle s’inscrit historiquement.

Notre démarche s’inscrit non seulement dans

la continuité de Woodman, mais également dans sa substitution.

Comme elle, nous dessinons avant de mettre en scène et

de photographier. La recherche de l’image débute alors

par un rêve (une discussion) se transcrivant ensuite sur le

papier puis dans l’oeil de notre caméra. Nous imaginons,

puis nous créons. Inventer des lieux, comme au théâtre

devenir et incarner des personnages sur chacune de nos

photos. Parfois, jouer que l’on est l’autre. La ligne entre

la mise en scène photographique et l’appropriation réelle

de cette image devient donc extrêmement mince.

Utiliser la ligne de nos corps, le prolongement des bras,

des jambes, bouger, danser et prendre des clichés. Ne

plus s’attarder aux standards de beauté, faire bouger des

corps imparfaits ! S’inspirer de nos différences corporelles,

émotionnelles.

Créer de nouvelles images, des tableaux. La ligne des

corps dans nos photos devient l’image ; celle-ci est le

spectacle ! Ouvrir une porte sur l’intimité, la douceur,

l’amour, la solitude, en d’autres mots, les sentiments.

Le dialogue entretenu avec le travail de Woodman est

une recherche de féminité, d’un modèle social et artistique,

à travers la femme qu’elle a été. Mettre des images

sur des mots, des émotions inexprimables. Comme elle,

créer des mondes brûlants de vie et d’émotions pures.

Dans cette époque prétendue sans modèle féminin,

où chacune est libre de sa propre recherche d’identité

sexuelle, voici notre confrontation à l’image de la

femme. Voici notre acceptation de la condition féminine

et de notre propre corps, un corps que nous n’avons pas

choisi.

 

 

 

 

Marie-Michèle Beaudoin et Joëlle Déry, Portrait, livre (5,5 X 5,5 po., 53 pages), 2013-14

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